-Mais, mais il fait super beau !!!
Je comprenais la déception de Wakana, il faisait grand soleil, et c’était peut-être l’occasion d’aller gambader. Je me rends compte que ça fait une paye que je l’ai pas emmenée. Oui, c’est moi qui lui montre la région. Ici, le Kanagawa, le Shonan, c’est plus chez moi que chez la belle enfant du Nord. Mais juste deux choses Wakana: d’abord, c’est pas toi qui vient d’esquiver un sécateur en sortant fumer une clope dans le jardin. Il fait beau mais ça bourrasque terrible. Et puis t’as peut-être pas remarqué mais on a un invité. Et il a pas fait le déplacement pour couper des melons.
Hector Malot était assis à mes côtés et n’avait même pas besoin d’acquiescer. Les yeux rouges et la langue sèche, le Malot se remettait d’une dure nuit de combats. Quelques heures de sommeil, une tasse de café et des nouilles instantanées, et il fallait y retourner. Un peu plus tard, c’est un autre grognard qui nous rejoignait: Guybrush Threepwood avait quitté l’Île du Poulet et arrivait en Ultraland. Notre capitaine. Le renfort ultime.
Ravitaillement: McDo, Kirin Ichiban Shibori, Marlboro, Drum et Mild Seven sont les sponsors d’un nouveau post d’Akage dont vous avez peu de chances de sortir indemnes. Hector est équipé d’une hache, Guybrush d’une lance, et moi d’un marteau. Et surtout de trois Nintendo DS et d’autant de cartouches de Dragon Quest. V’là le tableau, planquez les mômes, c’est un champ de bataille:
Et putain que ça fait du bien ! Non stop, dans la piaule enfumée, à l’ancienne, des heures à presser des boutons, à slasher des dragons, à piller des villages, à faire la démonstration de nos plus belles passes d’armes. Une nuit et un jour où j’ai failli chier dans mon scaphandre à maintes reprises à force de gole-ri des milliards de conneries qu’on a pu débiter. On a pas pris un pied pareil sur un jeu depuis perpette. Ho certes, y a aussi Minna no Golf Portable 2 qui nous scotche bien (on va challenger Larwan sous peu d’ailleurs, apparemment il s’est entraîné dur, seulement là, c’est à des légendes qu’il va devoir se frotter), mais cette session de DraQue IX entre tranquilou dans le top 3 de mes meilleurs moments vidéoludiques de l’année.
À l’heure où je vous dis ça, mes khos sont partis. Malot dans son Manoir à Ikebukuro, et Guybrush chez ses beaux-parents à Yokohama. La console est encore chaude, je vais me risquer à un bilan. Voyons.

Ostie d’crisse de calisse ! 7807 combats, 327 heures 20 minutes passées sur le jeu, et plus de 23 heures de multiplayer. J’ai passé l’équivalent de 15 jours complets sur un jeu sorti il y a moins de 4 mois. Et je regrette pas. J’aurais tort de regretter. Ceux qui me disent que ces 30 tours d’horloges sont perdus se viandent complet. Et ceux-là, je les mets mets au défi de me suivre, d’avoir vu autant de trucs que moi pendant les 200 autres.
Bien sur j’ai mal au bide quand je vois le temps de merde dehors (parce que oui, les rafales de t’taleurs ont apporté la pluie), à chaque fois que l’été se tire, c’est toujours en emportant avec lui une bonne raison de pas crever. Le reste de l’année, c’est quand même sacrément nul. Vous aurez beau me bassiner avec ça, j’échangerai jamais mon baril de sable, de soleil et d’embruns contre vos cerisiers en fleurs et vos érables rougeoyants.
L’été quoi ! Tout devient si simple. Une série de coups de fils, un rendez-vous, un train, et des bains jusqu’à épuisement. Comme ce lundi d’août où Wakana et moi on s’était levés à l’heure où je me couche habituellement en week-end. Parce que d’abord fallait rallier Tokyo, où on devait retrouver les autres soit Larwan, Chris et Hector Malot. Ensuite, direction la préfecture de Chiba, mais sans objectif précis. On va vers l’est, on s’arrête quand on trouve l’océan. La cambrousse, celle où si tu rates un train, le suivant sait se faire attendre. Puis finalement on a jeté notre dévolu sur Onjuku: la cité balnéaire type. Y a rien autour que des champs, mais une fois dans le bled, y a des restos, des boutiques d’articles de plages et des tours. Vides les tours hein, on est déjà en fin de saison, une bonne partie des touristes à fichu le camp. Et c’est tant mieux, parce que y a déjà de quoi faire avec les locaux qui sont bien gratinés. Par contre, ça contraste sec avec le Shonan: le sable est fin, blanc, et (je suis tenté de dire « donc ») la mer est bleue. Ho putain comme dans les films !
Pas besoin d’alambiquer du verbe, c’est tout l’intérêt des photos.
Les sauveteurs japs supportent le RC Lens:
Et on mène, alors déconnez pas hein ! Comme en première mi-temps, dès que ça craint, un taquet ou un steack en tribune et on se replace !
Oh yeah !
Larwan, un homme comme on en fait que dans le Cotentin:
Wakana est lessivée par les vagues, lourdes et puissantes aujourd’hui.
Si le ridicule tuait…
…on nagerait dans une mer de cadavres.
Hector Malot et Osakachris, faciles. (je sais pas pourquoi, mais je sens que ça va bourriner dans les commentaires)
Et quand le soleil disparaît derrière la dune, on crame nos derniers points de vie dans une partie de frisbee.
Après il fait nuit, on rentre, on dort. Game Over.
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