Z’avez vu ? L’Ultrakage s’est fait hacker !
C’était mortel, comme dans les films. Genre j’ai reçu des messages du Mécénat Roumain (qui gère l’hébergement du bouzin) qui disaient à peu de choses près: -Le serveur est down, mec. Tout est défoncé, à moins d’un miracle ça va prendre des semaines de remettre La Cage sur pieds. Les salauds qui ont fait ça sont sans pitié, des gueudins qu’ont pas de parents… ça peut être que des Havrais !
Han les boules !!
Puis en fait c’était juste un petit pépin. En deux temps trois mouvements, le trou était bouché. Merci Dam, la Moniquarchie et le Moniarque en personne te font Maurice Chevalier de la Légion Bonheur.
Bonsoir, je suis Akage du Forum. A en croire le peu d’ongles qu’il vous reste, vous avez stressé en attendant un nouveau blog. Genre comme si j’avais des trucs à raconter. Bah tiens si en fait, il s’est passé quelques trucs récemment. Plein même, j’ai une tête de zombie, c’est pas facile de combiner matchs de foot la nuit et week-ends bien tassés, le tout sans pouvoir pioncer au taf. Le week-end du 20 d’ailleurs, c’était de la balle. On a fait 3 jours de concerts, je m’en vais vous raconter ça, c’est l’occasion de ressortir des noms de genres musicaux incompréhensibles et ridicules.
- Day 1, samedi 19 juin 2010: On dirait qu’ça t’gène de piter avec nous.
C’est donc Ismael (qu’on évoque plus souvent ici sous le nom de Senbei Norimaki) qui m’avait appâté là-dedans. Une petite salle sur Ochanomizu (un local de répète en fait). Et il avait bien raison. Bon certes, j’étais pas forcément dans mon élément, mais ça pouvait me faire que du bien, depuis deux ans, je n’achète et je ne vais voir que du screamo/chaotic. Je fais vite, on retiendra essentiellement deux groupes, Virus qui balançaient du gros thrash/powerviolence à peu près aussi sincèrement qu’ils disaient merde à l’industrie du textile: le fute du gratteux, on aurait dit un patchwork de serpillères. On a adulé.
On ne s’ennuiera pas, et si je sors avant la fin du set de Silence Kills The Revolution (bof) c’est parce que je suis pas conquis, certes, mais c’est surtout pour redresser mes lunettes, tordues après m’être pris un bon vieux Falcon Punch de la part du batteur de Make It Last qui, pour s’échauffer avant d’entrer en scène, nous proposait un petit florilège de Gorilla Stomps et autres Chicken Wings de sa composition. On a pas idée de stormer dans 17 mètres carrés.
Pour le coup, Make It Last, c’est du youth crew, ça joue vite et bien, mais bon pareil, c’est pas tellement ma tasse de thé:
Par contre on surkiffera (et je pèse mes maux) Lifetime Struggle, ses morceaux de 25 secondes (comme le feraient Charles Bronson, Unlogistic, Ampere… des grands quoi), sa voix haut-perchée et son agressivité. Encore !
- Day 2, dimanche 20 juin: poupta poupta poupta poupta (ad libitum)
Le lendemain, la réponse du berger (moi) à la bergère (Senbei, c’te coquine). J’avais repéré la venue d’Uncommonmenfrommars bien à l’avance, et je ne les aurais ratés pour rien au monde. On les avait kiffés à Briouze il y a 10 ans (sa race, ça file) et puis j’étais pas encore allé au Pumpkin, la salle de concert du Kanagawa. C’est une salle lambda, 2500 boules l’entrée (ué, c’est pas donné) et 500 boules la bière (ué, c’est un scandale), des tarifs courants dans les livehouses, et c’est bien dommage parce que tu serais bien passé par le merch pour choper un tee-shirt, une démo… mais t’as soif.
Une demi-douzaine de groupes s’y succèdent, plus ça va, plus les kids sont alcoolisés. Rien de vraiment notable, on se prend du skatecore/punk à roulettes/emo punk à à peu près toutes les sauces, les premiers groupes ont au moins pour mérite de faire monter la sauce jusqu’aux deux têtes d’affiches: SMN et Unco.
SMN vient de Fukuoka, et ils ont l’énorme frite. Ca donne ça: clique ici.
Entre les groupes, on sort boire: bah ouais c’est moins cher à la supérette. On en profite pour taper la tchatche avec les gars d’Unco qui sont bien sympa ma foi. Bouffon, je me présente comme étant un pote aux Ravi. Je fais ça pour le clin d’œil (salué d’ailleurs, ils vous passent le bonjour les gars) mais je peux pas m’empêcher de me sentir con, comme si j’essayais d’être le copain des stars qui se déplacent en van, le Massimo Gargia de la scène punk-indé. Je fais plus ample connaissance avec l’ami Senbei, des mômes frisent le coma éthylique, vident leurs tripes à même le sol de la Dobuita Street (on est à Yokosuka, la livehouse donne sur la « rue des gringos ») sous l’œil blasé des patrouilles ricaines qui zonent plus qu’elles ne dronent. Ces képis là sont là pour surveiller que leurs propres gars font pas de conneries… autant dire qu’ils en branlent pas une.
Le set d’Uncommonmenfrommars est une tuerie ! Tout le monde est dedans. Avant de commencer, Ed nous avait confié que Ouah, ils assurent ici, le level est bien haut. Ouais bah nan menteur, la pile que vous leur avez collée. Des vieux morceaux, des nouveaux, pas un pain (je crois), la grosse énergie et la communion avec les 40 pélos présents. Bien joué ! Et vous avez fait danser Ismael sur autre chose que sur du crust, paye ton exploit !
- Day 3, lundi 21 juin: on a pas le même maillot.
Troisième live d’affilée. En fait je me suis tellement bien marré la veille que je décide de retourner voir SMN et Unco. Faut que je remonte à Tokyo, à Shimokitazawa encore en plus. Ce coup-ci j’y vais seul, Senbei et Malot bossent. Le club s’appelle le Fever, c’est aussi cher que la veille, mais c’est plus grand, c’est tout propre, le matos est flambant neuf, le staff est tellement pro que les micro sont ramassés avant même de toucher le sol, la clim’ est à burnes et digère les clopes plus vite que le mou tout marron qui me sert de poumons. Résultat, je flippe: l’ambiance à l’air glaciale.
Et puis ce qui est frappant, c’est le putain de défilé de mode. La gueule des kids. Bon tu me diras, c’est normal, c’est Shimokitazawa, et y a FIB qui joue, le truc tellement emo guimauve qu’il pourrait faire passer My Chemical Romance pour de la musique péchue (voire pour de la musique tout court), la putain d’impression d’écouter la B.O. de Sonic The Hedgehog, mais jouée par Alvin et les Chimpmunks (t’façons, tout ce qui sort chez Pizza Of Death, c’est de la bouse, Ken Yokoyama c’est pas Fat Mike et son label c’est pas Fat Wreck, mais gare, je m’égare, je ferme la parenthèse) puis y a aussi FC Five, et leur son newschool tout pérave. Du coup la moyenne d’âge a grave chuté depuis la veille, les gremlins pogotent de toutes leurs forces et transpirent dans leurs tee-shirts multicolores. Pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression de faire partie des darrons.
Là je me rends compte que je suis en complet décalage depuis le début du week-end. Je suis allé voir du youth crew avec un tee-shirt Mihai Edrisch sur le dos. Puis, je suis allé voir du punk avec un tricot Charles Bronson. Et là, je suis en train de mater des émokids miauler avec sur mon torse une croix renversée frappée du nom Céleste. Promis, je mets mon maillot de la Pologne au prochain match du Shonan.
Si, donc, contrairement aux deux concerts précédents les premières parties ont carrément déçu, Unco démonte tout, c’est tellement carré que j’ai des impressions de déjà-vu. Ha ouais, ils sont rodés, y a même des chorés selon les morceaux en fait. Les kids sont restés et emboîtent le pas. C’est moins la patate que la veille, mais c’est drôlement efficace.
Les gars suent à grosses gouttes, jouent avec le public, jouent carrément dans le public, tout le monde a une grosse banane sur la tronche. La preuve.
Et pour boucler, SMN nous sort un set d’une exceptionnelle énergie, un point final à leur tournée commune avec le groupe français. S’ils ont l’air de s’être bien marrés, moi j’en suis convaincu que je me suis bien marré.
Trois remarques, surfaites, peut-être, mais incontestables:
-Le punk rock, c’est comme le foot. A la télé c’est bien, à la radio c’est bien, mais en vrai c’est mieux.
-Le jargon de la musique est aussi pitoyable que celui du FLE.
-Mon Moniarque m’a interdit d’être pertinent. Je crois que j’ai assuré.
PS: des bises à Sid, j’ai pas de photos de lui, et j’en suis bien désolé. Ce mec est une crème.
PS: toute ressemblance avec des billets ou des blogs existants ou ayant existé ne saurait être que fortuite (c’est à dire que bon, on a vu les mêmes trucs, et rigolé sur les mêmes trucs, normal qu’il y ait des redites).
Prochain concert: Heaven In Her Arms pour la release party de leur dernier album. Je vais mettre mon tee-shirt Ravi.
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