Je présente toutes mes excuses aux personnes peu concernées par le caractère privé de ce billet, il s’agit d’une réponse à un mail des gens de mon crew qui belgisaient à la Boubounière, Ultraland, Basse-Normandie, et qui m’envoyaient une nouvelle preuve d’amour. Vous pouvez quand même lire, hein.
Réponse dans la foulée, de suite, à froid, sans filets.
Je me réveille à 11 heures. J’ai assez de doigts pour faire la soustraction, il est 4 heures chez vous. J’en conclus que je me lève pile au moment où vous tombez comme des mouches.
Weekend flotte, enfermé comme un con, heureusement que j’ai aussi des loisirs de geek sinon je me serais pendu à mes rideaux, je voudrais bien ouvrir ma fenêtre pour aérer les clopes. Seul rayon de soleil, je vais retrouver des potes, on va boire ce soir sur Tokyo (vers 17 heures, ici les murges ça commence à l’heure des mamans).
Donc ouais, je sais à peu près tout faire, je suis l’homme parfait. J’ai la peau blanche, douce et fraîche comme du Jockey. Je suis grand, fin, léger. Habile de mes doigts, et pas complètement teubé. J’ai du goût pour les belles et bonnes choses. Je regrette seulement ne pas savoir faire la bouffe. Et surtout de ne pas encore parfaitement maîtriser la dématérialisation.
Si tel avait été le cas, je me serais téléporté aussi sec devant le petit portail à l’entrée de la Boub. Je me serais dirigé à grands pas décidés vers la demeure normande en pétant au passage tous les rétros de vos bagnoles pourries. Je serais entré dans le taudis avec perte et fracas, en envoyant valser la porte. Marie se serait réveillée en premier, aurait à peine eu le temps de dire: « Ho, Joufe, qu’est-ce que… » qu’elle se serait mangée une chaise de jardin dans la tronche. Alerté par le bruit, Bruno aurait déboulé et m’aurait trouvé en train de boxer la dépouille de la jeune enfant, au sol, comme un dément. Paralysé par la peur, il n’aurait rien pu faire, je me serais jeté dessus, en hurlant des noms de divinités Vikings, et lui aurait brisé la nuque. Là, c’est le branle-bas de combat (j’abandonne le conditionnel, le présent de l’indicatif c’est plus convaincant), tout le monde rapplique dans le salon, la fête est finie, il va falloir dessouder Le Roux avant qu’il ne vous désosse. Nico est le premier à foncer dans le tas, pif, paf, il finit la gueule dans le piano. Soaz se saisit d’un couteau de cuisine, elle a pas le temps de s’en servir qu’elle valdingue tel un pantin désarticulé dans les carreaux. Boub perd connaissance. Tigrou fou de rage parvient à m’immobiliser au sol, et commence à me pilonner les côtes à grands coups de poings. Je le mords jusqu’au sang et lui casse un bras. Laurie crise complet, court en ma direction avec l’énergie du désespoir. Son crâne dans la main droite, je dégage tout ce qu’il y a sur la table en faisant des va-et-vient avec sa tronche. A la vue du carnage, Ninie devient complètement hystérique, puis prise de spasmes, bave, se met en position fœtale, et se roule dans ses déjections. Karibou lui, pleure à chaudes larmes, le corps de Laurie dans ses bras, et murmure des « Pourquoi ? Pourquoi Seigneur ? Pourquoi ? »
Puis le calme, le silence complet. Les autres restent cois, abasourdis devant la gueule du merdier, les corps inanimés, et le dément qui les regarde, en respirant comme une bête sauvage. Plus un bruit à part son souffle rauque.
Là, Bange débarque et proteste: « Bah merci de me prévenir, sympa les potes ! On peut compter sur vous, super ! Allez viens Joufe, on se casse »
Et on se tire faire l’after à Lisieux, tous les deux, en R19 (c’est bien en R19 qu’il se déplace Bange ?).
-Tiens, pourquoi j’ai un rétro en moins moi ? Même à la cambrousse on craint pour sa caisse, c’est pas croyable ça !
Vous me manquez, bande de salauds, je vous aime, je viens vous voir en décembre (enfin c’est comme ça que je vois le truc) histoire qu’on goûte la bière de Noël ensemble. Des bises à tous les charlots dont on cite le nom dans l’e-mail, mais aussi bien sur à tous les autres, j’ai du mal à croire que vous soyez qu’une petite dizaine à votre partie de campagne. Haaaa, la Boubounière. Merci encore pour celle de l’année dernière.
Je vous laisse, je vais refaire un café, me doucher parce que je colle pas mal, latter un ou deux Tigrex sur la Playstation Portable, puis aller zoner sous la flotte à la capitale.
J’essaye de mettre à jour le blog cette semaine, c’est pas facile parce que c’est pas non plus la grosse actualité. Oh, y a bien des matchs de foot, des concerts, des naissances, des cuites, des mariages et tout le tralala par chez moi comme par chez vous, mais c’est pas toujours simple de rendre ça attrayant. En tout cas lisible.
Courage au Karibou qui va se retrouver dans la position du mec qui lit l’interminable mail aux autres, au petit-déjeuner, mon moment préféré à la Boubounière je crois bien, celui où la taille des valoches sous mes yeux est proportionnelle à la quantité de rigolerie encaissée, de bière ingurgitée, de conneries débitées. Le moment où les clopes ont du mal à passer mais on en fume quand même (d’ailleurs à cette heure là, on fume les Golden Virginia de Nico), celui où on peut pas ignorer le fait qu’on s’est pas emmerdés, qu’on a over-vécu. Le moment du bon café de Soaz.
Puis le bruit de la vaisselle, de l’aspirateur (j’extrapole peut-être une peu, mais dans mon souvenir y a un aspirateur), et enfin celui des roues de bagnoles qui se mettent en branle dans les gros graviers de l’allée. Je crois que c’est ça qui me mettrait une grosse boule dans le ventre, partir avec la dernière voiture, et entendre le départ de toutes les autres dans l’allée.
A plus.
Votre dévoué Akage, en Ultraland.
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